07 mai 2012

Le François qui se lève tôt, c'est maintenant

Saluons l'exploit de Sarkozy qui aura au moins remis un fainéant type normal au travail avant de partir.

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06 octobre 2011

Pol & Pul

Longtemps je me suis couchée de bonne heure, mais pas samedi.

J'en ai profité pour regarder On n'est pas couchés, pour voir si Pol & Pul, les remplaçantes d'E & E étaient aussi mauvaises qu'on le disait - les gens sont tellement méchants...

Pol & Pul - Pul plus que l'autre - ont la détestable manie des journalistes contemporains, celle qui consiste à poser des questions à rallonge, ajoutant un mot ou un bout de phrase à chaque fois que l'interlocuteur tente de répondre. Je sais bien que la meilleure manière d'avoir raison, c'est d'empêcher l'autre de parler, mais c'est un procédé qui fatigue vite, surtout le spectateur. Moi, quand je tombe sur ce genre de pratique, je zappe.

Pol & Pul - Pul plus que l'autre - se prennent très au sérieux. Leur style, c'est "faite entrer l'accusé". Elles détiennent LA vérité et pensent que leur mission est de l'imposer à tout prix. Quand l'accusé résiste et lui fait l'insulte de continuer à la contredire, Pul, fâchée, plonge le nez dans ses feuilles en faisant la tronche et en lâchant de brefs "mouais, mouais" agacés. C'est le seul moment où elle me fait rire.

Pol est consciencieuse et plutôt sympathique, quant à Pul, elle se trimballe un melon d'une taille prodigieuse qui... hem... altère irrémédiablement son rapport aux autres.
Ce que toutes deux ont en commun, toutefois, c'est de n'avoir pas intégré le fait qu'elles participaient à une émission de divertissement et que cela impliquait d'être un peu spirituelles, drôles, amusantes... du moins de temps à autres.

En résumé, leur problème, celui de Ruquier, et le nôtre, c'est qu'elles sont totalement dépourvues des deux qualités indispensables pour figurer intelligemment dans genre d'émission : la capacité d'auto-dérision et le sens de l'humour.

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26 août 2007

Ardante Fanny

Dans la série "J'aurais mieux fait de la fermer", Fanny Ardant choque l'Italie an clamant son admiration pour le fondateur des Brigades Rouges, Renato Curcio, qu'elle qualifie de héros.
Ce que Fanny trouve beau et grand chez le révolutionnaire, c'est le sacrifice de sa vie à un idéal. On ne peut nier que l'idée soit, en effet, très belle et propre à enflammer les imaginations romantiques. Cependant, Fanny oublie l'autre aspect de l'affaire qui est que le révolutionnaire est généralement encore moins avare de la vie d'autrui que de la sienne, et qu'il sacrifie les autres avec une générosité souvent proportionnelle à la force de ses convictions, ce qui, d'un point de vue tant esthétique que moral, est nettement moins admirable.

Toute cette histoire montre :
1 - Que sous des dehors glamour se dissimule parfois une âme révolutionnaire.
2 - Que quand on est célèbre, il vaut mieux, éviter les sujets épineux, et déclarer son amour du terrorisme en est un.
3 - Que la révolution est magnifique, mais seulement vue de très loin et pas vécue par soi-même - vue de près, elle l'est moins, et ceux qui l'ont rencontrée ne sont généralement plus là pour en témoigner.
4 - Que Fanny Ardant est le produit d'une époque où la révolution était branchée et où les intellectuels et les artistes défendaient les pires abominations sous prétexte de liberté. Nombre d'entre nous ont été victimes de cette idéologie, quelques-uns en sont revenus, mais beaucoup y stagnent encore, dont, apparemment, cette pauvre Fanny. Cotisons-nous pour lui offrir Le Livre noir du Communisme !

Oui, ma chère Fanny, un révolutionnaire, les armes à la main, c'est beau, mais seulement au cinéma. Dans la réalité et sur le terrain, ça l'est beaucoup moins, surtout lorsque le "héros" te prend en otage, t'humilie et te torture avent de te coller une balle dans la nuque. Sans même parler du cas où le révolutionnaire réussit dans ses entreprises, et que toute l'histoire vire au génocide, commis au nom de l'idéal, évidemment.

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04 août 2007

Du Cul(turel) au con(formisme)


En France, juillet et août sont des mois invariablement dédiés au sexe. C'est la tarte à la crème estivale. Tous les ans, tous les magazines font preuve du même manque d'imagination, du même conformisme en nous sortant leur "spécial sexe". Depuis les magazines de bonnes femmes qui enseignent à la ménagère moyenne l'orgasme multiple à la plage, jusqu'aux revues cul-turelles qui apprenne à la jeunesse poprockeuse qu'il n'y a rien de plus vrai que le bondage (Inrockuptibles, qui intitule le numéro Sexe 2007, probablement pour qu'on puisse le distinguer de Sexe 2006 et de Sexe 2008, car le sexe c'est tellement tout le temps la même chose qu'il faut bien quelques repères chiffrés pour introduire une différence), en passant par les revues d'arts qui, branchitude oblige, se mettent elles aussi au mauvais goût du jour (cf Beaux Arts Magazine). Parler de sexe est devenu un passage obligé pour qui ne veut pas être taxé de ringard. Les efforts de certains pour coller à la mode du moment en deviennent pathétiques.

C'est à Beaux Arts que je décerne la palme. Ils ont fait fort en invitant un tas de pipoles, qui parlent d'autant plus volontiers d'art qu'ils n'y connaissent rien (on se demande s'il en va de même pour le sexe). On y rencontre notamment quelques pseudo-intellectuaillons médiatiques, comme Guillaume Durand et BHL, qui y font leur numéro habituel. Le premier évoque Picasso dans le style vulgaire qui le caractérise et le second, qui n'a pas encore appris à écrire, a délaissé Ségo pour Le Bain turc de Raysse sur lequel il divague artistement dans le style vasouillardo-ampoulé qui fait tout son charme. Le clou du spectacle étant toutefois le dialogue Michel Houellebecq/Catherine Millet venus débattre de sexe. Cela donne :

Houellbecq : "Ce que je regrette dans la pornographie, c'est l'absence de bons dialogues."
Et la tarte muséale de rétorquer : "Je suis d'accord, car je suis très sensible aux mots obscènes..."

Reportez-vous au magazine pour la suite... Tout est à l'avenant et, pris au second degré, c'est du niveau mauvais sketch comique. Au premier degré, c'est tout simplement affligeant de bêtise.
Des dialogues dans les films pornos, si l'on veut, mais pas écrits par ces deux-là, car, comparés à leurs divagations, les soupirs et les grognements font carrément figure de thèse de philo.

Et pour qui n'en aurait pas jusque-là du sexe après avoir lu ces numéros spéciaux, Beaux Arts en propose un autre encore plus spécial, SEXES, décrit de la manière suivante : "livre d'images et de pensées d'un genre nouveau, cet ouvrage collectif saisit la façon dont les artistes posent aujourd'hui la question centrale du sexe. Une histoire de l'art particulière en phase avec la condition contemporaine". Pour être en phase avec la condition contemporaine, ça il est en phase, le bouquin d'images ! surtout en phase commerciale !!!
La question que le lecteur se pose désormais, c'est : combien de temps ce magazine va-t-il encore résister à la tentation de vendre des sex toys et des films pornos sous prétexte d'art ?

Ceci dit, hier, sur cinq expos visitées à Paris, deux portaient à l'entrée un avertissement concernant les œuvres choquantes qu'elles montraient. Qu'il s'agisse de sexe ou de violence, il y avait en effet des œuvres à ne pas mettre sous tous les yeux. Au train où vont les choses, il faudra bientôt soumettre les musées d'art contemporain aux mêmes réglementations sur les mineurs que les sex-shops et le cinéma X.
J'adore l'art contemporain, mais hier j'ai réalisé qu'il faut impérativement voir les expos avant de se risquer à y entraîner un enfant. Il y a souvent du beau, du ludique et du féérique, mais le répugnant n'est jamais très loin. Le musée, surtout d'art contemporain, n'est plus la destination idéale pour un dimanche en famille.

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